Jericoacoara : 10 choses que personne ne dit avant
Par Villa Oasis

Jericoacoara surprend presque tout le monde, et presque toujours de la même façon — dix fois. Aucune de ces dix choses n'est un problème : ce sont simplement des choses que personne ne dit avant, et elles changent la manière de faire sa valise et de construire ses journées.
1. Le village entier est en sable
Il n'y a pas de bitume à Jericoacoara : les rues sont en sable, d'un bout à l'autre. Ce n'est pas un détail de charme, c'est ce qui change le plus la vie quotidienne. Les valises à roulettes ne roulent pas, les talons n'existent pas, et la marche la plus courte fatigue plus que la distance ne le laisse croire.
Il faut compter en effort, pas en mètres. Deux cents mètres de sable mou coûtent ce que quatre cents mètres de trottoir coûteraient, et sous le soleil de midi ils coûtent davantage encore. C'est pour cela que presque tout le monde finit par organiser ses journées autour du matin et de la fin d'après-midi, sans l'avoir décidé.
2. Les chaussures fermées ne servent à rien
Ici on vit pieds nus ou en tongs. Une paire de chaussures fermées quitte en général la valise à l'aéroport et rentre sans avoir servi. Si vous n'emportez qu'une paire, que ce soit celle que vous acceptez de voir pleine de sable.
L'exception est la marche jusqu'à la Pedra Furada, qui passe par des passages de roche : là, quelque chose qui tient au pied justifie sa place. Pour le reste, la valise la mieux faite pour Jeri est la plus légère que vous puissiez accepter.
3. Il n'y a pas de lampadaires
Le village n'a pas d'éclairage public. Le soir, la lumière vient des portes des restaurants, des boutiques et des pousadas — ce qui suffit dans la rue principale, et ne suffit plus dès qu'on s'en écarte. Une lampe de poche, ou celle du téléphone, règle la question ; et la contrepartie est un ciel que presque aucun village de bord de mer n'a encore.
C'est la première chose que découvrent le premier soir ceux qui logent à la Villa Oasis : la maison est Rua São Francisco, et le retour du dîner se fait dans le noir, sur le sable, avec les portes éclairées d'un côté et le ciel de l'autre.
4. On ne roule pas en voiture dans le village
Les voitures ne circulent pas à Jericoacoara. Tout ce qui est dans le village se fait à pied, y compris la montée de la dune en fin d'après-midi et le retour du dîner. Ce qui est au-dehors — les lagunes, le Preá, la journée vers l'ouest — se fait en buggy ou en 4×4, avec un conducteur.
La conséquence agréable, c'est que le village n'a pas de bruit de moteur, et que la rue principale le soir est une rue piétonne sans avoir jamais eu besoin d'être fermée pour le devenir.
5. Le village est à l'intérieur d'un parc national
La vila de Jericoacoara est enserrée dans les limites du Parc national de Jericoacoara, ce qui impose des règles aux visiteurs. La circulation de véhicules à moteur sur les dunes, fixes ou mobiles, y est interdite. Le sont aussi les feux, l'abandon de déchets, et le fait de prélever ou de capturer des animaux.
En pratique, cela veut dire qu'une sortie en buggy ne va pas où bon lui semble : l'activité touristique passe par des véhicules accrédités et des conducteurs autorisés, et les itinéraires existent par écrit. Un guide qui en sort n'est pas audacieux, il est en infraction.
6. Le dernier tronçon ne se fait pas en voiture ordinaire
On n'arrive pas à Jericoacoara en roulant jusqu'à la porte. La dernière portion traverse du sable, et elle se fait en véhicule adapté, pas dans une voiture de location quelconque. C'est ce qui prend le plus de monde au dépourvu, et ce qui gâche le plus d'arrivées quand personne n'a prévenu.
Où se trouve la villa, dans le village
7. Le vent a un horaire
Le vent ne souffle pas pareil toute la journée. En saison ventée, la moyenne horaire part de 17 km/h à six heures du matin et atteint 28 km/h à seize heures — elle double presque. Qui veut une mer plate, un bateau ou un cheval le fait le matin ; qui veut kiter attend l'après-midi.
C'est l'information la plus utile de cette page, et celle qui figure le moins dans les itinéraires. Une journée construite à l'envers, c'est une matinée à attendre le vent et un après-midi à se battre avec.
8. Les lagunes ne sont pas toujours là
Les lagunes d'eau douce vivent de la pluie du premier semestre. Elles se remplissent entre février et juin — les mois où il pleut — et baissent au fil du second semestre, quand il ne pleut pratiquement plus. Ce qu'on voit sur les photos n'est pas ce qu'on trouve n'importe quel mois.
Aucune des deux versions n'est la mauvaise : pleine, la lagune est plus vaste et les bandes de sable disparaissent ; basse, l'eau est plus calme et plus transparente. Mais autant savoir laquelle des deux vous attend avant de choisir vos dates.
9. La dune du coucher de soleil se remplit avant l'heure
Le coucher de soleil sur la dune est le rendez-vous quotidien du village, et il ne commence pas quand le soleil se couche : il commence une bonne demi-heure plus tôt, quand la montée est déjà pleine. Arriver à l'heure, c'est regarder depuis le fond, ce qui n'est pas la même chose.
En saison ventée la montée accueille une foule ; en saison verte, parfois vingt personnes. Même dune, deux expériences différentes — encore une chose que personne ne dit avant.
10. Le rythme n'est pas celui d'une ville
Les journées commencent tôt, parce que la meilleure lumière et la meilleure mer sont du matin, et finissent tard, parce que la rue ne vit qu'après la tombée du jour. Entre les deux il y a un creux de chaleur où personne ne fait rien, et il ne sert à rien de lutter contre.
Qui arrive avec un agenda de ville passe tout le séjour légèrement décalé. Qui abandonne l'agenda le premier jour dit en général que la semaine lui a rendu le double.
Les dix choses, et qui vous les dit
Aucune des dix ne figure dans un guide, pour une raison simple : elles s'apprennent en vivant ici. La marée qui ne vaut rien aujourd'hui, la dune déjà pleine, la lagune basse ce mois-ci — ce sont des informations du jour, et elles périment en vingt-quatre heures.
À Jeri, la différence entre une bonne semaine et une semaine gâchée tient souvent dans une phrase dite au petit-déjeuner : pas aujourd'hui, la marée n'est pas bonne. Ce n'est pas un service de conciergerie ; c'est quelqu'un qui habite là et qui a regardé la mer avant votre réveil.
C'est ce qu'une maison de six suites tenue par ses propres propriétaires peut donner, et ce qu'une réservation passée par une plateforme ne peut pas — non par mauvaise volonté, mais parce qu'il n'y a personne à l'autre bout qui ait vu la marée.


